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2 – YI

 


 

       Nous avons vu, dans le premier chapitre que le yi n’est pas réduit à l’intention, à la volonté, c’est un état de conscience. Une conscience présente qui observe le centre afin que le mouvement s’accomplisse. Il s’agit d’une présence mentale mais aussi physique, une posture que l’on trouve dans la verticalité, la globalité et aussi dans le regard. Le regard est porté loin : « Partout où va le regard, le Qi va » nous disait Gu Meisheng. Ne jamais regarder vers le sol.
          Deux des règles données par HIKITSUCHI Michio sont fondamentales pour entrer dans la compréhension du yi

  • « Ne pas regarder le partenaire » élargit notre champ de conscience. Cela nous permet de l’envelopper, de le fondre dans l’espace. Je précise que nous ne regardons pas mais nous voyons. Au cours du mouvement, les yeux doivent balayer un peu au-dessus de la ligne d’horizon. 
  • « Ne pas attendre », il faut essayer de ne pas relâcher le yi.
    Dans l’exécution des kihon wasa (immobilisations) la technique se déroule en un seul mouvement jusqu’au bout.
    – On peut pratiquer avec les kokyu nage « ne pas attendre » entre chaque projection, trouver le moment exact pour se placer près du partenaire, il sera pris par vos placements. Vous devenez le centre. Ainsi le yi devient vivant.
    – Ne pas attendre le shomen uchi ( c’est aussi l’enseignement d’Hikitsuchi Sensei). Cette façon de faire n’est pas toujours très bien comprise par les pratiquants. Tori n’attend pas l’attaque de uke, il dirige ses doigts vers l’intention de uke, entre ses deux yeux, siège du yi. Ainsi, il n’y aura pas de rupture dans l’écoulement du ki.

 

 

« Lorsque votre adversaire saisit votre poignet, guidez-le à travers les déplacements de vos pieds et amenez-le au sol avec vos mains. Pour que l’entraînement vous soit profitable, vous devez exécuter les techniques en les conduisant à leur terme, sans rompre votre concentration ni relâcher votre corps » Morihei Ueshiba (2).

         

           Pour compléter et développer cet entrainement sur le yi, on peut rajouter la pratique :

  • Des randori (attaques par plusieurs partenaires). Tori doit anticiper les mouvements tout en ayant une « vue » globale de la situation, ainsi le yi devient vivant et grand.
  • Des katas de boo-jutsu. Ils sont également intéressants parce qu’il  faut anticiper sur chaque frappe.
  • Des exercices du chikon kishin no hoo (4) :
    – Torifune : tirer et pousser la terre. Lorsque vous lancez vos mains, lancez très loin votre regard. Quand vous ramenez vos mains près des hanches, rentrez votre regard.
    – Furutama no gyoo : l’attention est dirigée entre le deux yeux.       

 

 

« Si l’intention est bloquée, elle influence le qi ; si le qi est bloqué, il influence l’intention »
 Mencius (6).

 

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