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1 – YAO

 


 

          Dans les arts martiaux japonais, on parle des koshi (les hanches). On nous dit d’utiliser les hanches, que tous les mouvements viennent de là. Mais avec cette méthode letori (celui qui exécute la technique) se déplace sur un plan horizontal. De cette façon, il se place dans l’opposition, la confrontation avec le partenaire. Résultat : les mouvements sont durs, parfois violents pour l’uke (celui qui reçoit la technique). On s’éloigne alors de l’aïkido de Morihei Ueshiba.

 

« … mais pour ma part, je pris la ferme résolution d’améliorer ma technique pour éviter à mes partenaires, quels qu’ils soient, d’être blessés car, personne ne devrait être blessé en pratiquant l’aïkido » Morihei Ueshiba (2).

 

 

 

 

          Comme dans les arts martiaux chinois, j’observe qu’il y a un aïkido interne et un aïkido externe. Ce dernier est physique, musculaire et formaté. Il compte sur la rapidité, l’esquive, l’habileté, son énergie est plus « grossière ».
          Avec une telle pratique en aïkido, le corps :
se durcit pour se protéger, pour éviter des accidents articulaires aux coudes ou aux épaules notamment,
se formate afin de pouvoir répondre immédiatement, ou même d’anticiper la technique qu’il va subir, ou encore, pour se conformer à une certaine « chorégraphie » des mouvements.
          Dans ces cas, nous ne sommes pas sur la voie d’une pratique interne et nous nous enfermons dans le faire et dans la forme.
          Pourtant O Sensei enseigne que :
          « L’aïkido n’a pas de forme. Il n’a pas de forme parce qu’il est une étude de l’esprit. C’est une erreur de se laisser prendre par la forme. Agir ainsi ne peut que vous empêcher de répondre avec la flexibilité requise » (2).

         Nous comprenons qu’il est nécessaire de s’affranchir de la forme en sortant du plan horizontal, d’où l’importance de la recherche de la verticalité. La conscience du yao en est la clé.
Avant de développer le sujet, quelques remarques sur l’attitude de l’uke et dutori:

 

  UKE

  • La saisie se fait dans la détente, claire, comme un bébé saisit le doigt de sa maman, avec beaucoup d’énergie dans la main et un corps totalement détendu.
  • L’uke reste bien ancré et il ne suit pas le mouvement du tori.
  • L’intention de l’uke est claire, elle enveloppe le tori.
  • L’uke est placé de telle façon que le tori ne puisse pas le toucher.

TORI

  • Ce qui a été dit concernant la saisie et l’intention de l’uke s’adresse aussi au tori. Nous allons le voir par la suite.
  • Il est placé dans son centre. C’est là que réside la difficulté puisque c’est ce centre que nous cherchons à découvrir.
  • Le tori doit être placé de telle façon que l’uke ne puisse pas le toucher. Il s’agit là d’une des trois règles (4) données par Hikitsuchi Sensei : « ne pas être ouvert ».

          « Contrôler votre adversaire en vous maintenant en permanence hors de sa portée, à une distance qui
assure votre sécurité. Développer cette perspicacité est la véritable finalité de la pratique » (2).

 

Le YAO

          Au début généralement, le yao est physique et avec l’entraînement, progressivement, il devient plus subtil :
          « Au premier stade de l’entraînement, on apprend à séparer le yao physique du bassin et des hanches afin qu’il puisse bouger de façon indépendante. Une grande partie de l’efficacité martiale du taiji quan réside dans la liberté et l’agilité du yao ; certaines écoles de taiji quan arrivent à une efficacité martiale redoutable rien qu’en se servant duyao physique. Dans notre école, on développe un yao plus subtil sous forme d’un point ou d’un axe aux dimensions variées » (3).