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4 – MISOGI

 


 

      Gu Meisheng présente le taiji quan comme une discipline physico-spirituelle****. Le travail du corps, par une transformation intérieure, nous mène vers un épanouissement spirituel. 

 

« Au début, dans les apprentissages, c’est la force musculaire qui accompagne le geste, puis à un autre stade, c’est le qi qui mobilise le geste sans effort, enfin c’est le yi qui lance le geste dans l’espace pour qu’il s’y accomplisse dans sa plénitude parfaite » Gu Meisheng (3).

 

          Il divise la pratique en trois étapes :

  1. L’aspect purement physique : « …on fait des efforts, on s’étire, on assouplit les muscles, les tendons, etc. C’est une étape absolument indispensable pour n’importe quel pratiquant qui veut entrer en profondeur. »
  2. Le qi
  3. L’intention, le yi.

    Pour autant selon Gu Meisheng, ces trois étapes ne sont pas vraiment séparables.
    C’est le même processus pour l’aïkido.


Le physique, le ki et le yi ne sont pas séparables.

          On peut noter deux temps dans l’exécution du mouvement :

  1. Prendre le centre du partenaire, en mettant en pratique tous les points cités plus haut (dissociation, verticalité…). L’uke ne doit pas sentir le mouvement.
  2. Puis exécuter les déplacements sans être ouvert, sans focaliser sur le partenaire. Les déplacements du corps ne sont pas faits pour agir sur le partenaire, ils sont faits pour mettre en mouvement son propre centre. En étant dans la justesse du geste, vous n’êtes pas dans le faire ni dans la volonté. Votre corps alors s’anime autour de votre centre et l’uke est projeté par le mouvement.
     Si le corps et l’intention sont justes, la force attractive, inryoku no tenren, dont parle O Sensei va se manifester.

Remarque : Morihei Ueshiba distingue 8 forces en aïkido. Elles existent en taiji quan, leur nombre diffère suivant les écoles. La force attractive est commune à toutes.

 

« Apprenez la dimension exacte (de la vérité), refusez d’avancer dans la voie du faux-semblant et du mensonge, ne bafouez pas la responsabilité sacrée que vous recevez des Dieux : chaque homme est un univers en miniature » (8).

       

 

          C’est par le geste juste que nous mettrons le ki en mouvement.
          L’uke et tori doivent être placés de telle façon qu’ils ne puissent pas se toucher. C’est la base du budo.
          Le tori doit exécuter la technique sans que l’uke puisse le toucher, sans utiliser la force, la rapidité, et l’esquive. Alors le corps peut se détendre et l’énergie circuler librement. Hikitsuchi Sensei nous disait que si le corps sent qu’il peut être touché, l’énergie ne circule plus.
          « Ne pas être ouvert » (4) est essentiel pour comprendre et expérimenter le ki, cela nous oblige à être justes c’est-à-dire sincères et attentifs. C’est le véritable entraînement.

 

« Il s’agit d’un Qi immense et puissant à l’extrême : si on l’élève sans cesse, sans lui nuire aucunement, il peut remplir tout l’univers… Si des choses qui rendent le cœur mal à l’aise surviennent dans la conduite, il sera affaibli » Mengzi (Mencius) (7).

 

 

 

Avertissement : La pratique est vie, aussi ce que vous venez de lire n’est qu’un « arrêt sur image ». Ce chapitre pourra donc s’étoffer, se préciser, et pourquoi pas se modifier ?