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COMMENT METTRE LE YAO EN MOUVEMENT

DANS L’AÏKIDO ?

 


 

 

 

1. Tout d’abord apprendre à dissocier le haut et le bas au niveau de la taille.         

          Pour mettre en mouvement le yao, il faut apprendre à dissocier le buste des hanches, du bassin, au niveau de la taille.

  • Je propose deux exercices chinois en début de séance : les sowai shou**.
  • Suwari wasa** (techniques à genoux) et hanmihan tachi wasa** (tori est à genoux, uke attaque debout). Parce que nous n’avons pas à nous occuper de nos pieds et de nos jambes, les entraînements en suwari wasa ou en hanmihan tachi wasa aident le tori à saisir la dissociation du buste et des hanches, à comprendre ce qu’est la mobilisation de la taille, donc du yao.
  • Tachi wasa (techniques debout) katate dori (saisie d’un poignet) irimi nage** (entrer dans la sphère de l’uke).

 

 

2. Un corps global


« Rester toujours au centre. En perdant le centre vous perdez le contrôle »
Morihei Ueshiba (2).      

          Un corps global est un corps centré. Sans centre, il n’y a pas de globalité. Cela signifie que la main ne bouge que si elle est reliée au yao, si elle est commandée par le yao. La pratique nous permet de comprendre le lien entre le yao et la paume de la main.
          Les kihon katame wasa** (les techniques d’immobilisations) : nous tenons notre partenaire jusqu’à la fin du mouvement. La technique est juste si elle est exécutée sans ouverture et sans l’usage de la force, une saisie identique à celle du bébé.
          Il est à noter que l’uke en retire une grande détente.

          Ushiro ryote dori (saisie des deux poignets par derrière) shiho nage**.

 

3. La verticalité         

 « Pour ne pas couper la communication entre le Ciel et la Terre, Dieu a créé l’homme.
La part intérieure de l’homme, c’est l’esprit (tama). C’est-à-dire l’organe de communication
avec le ciel, la part extérieure de l’homme (le corps) est l’organe de communication avec
ce monde-ci. Cependant, l’extérieur doit être réalisé par la part intérieure, et il doit
manifester le Takaamahara (ordonnance de l’univers) de la part intérieure. Les hommes
ont oublié la communication avec la part intérieure. Ils ont uniquement renforcé
la communication avec le monde de la nature horizontale et extérieure
»

Morihei Ueshiba (5).

          Le Yao bouge sur un plan horizontal et vertical. Plus exactement son mouvement se déploie en spirale. Le pratiquant l’appréhende de l’intérieur, dans la conscience de la « part intérieure » qui se déploie vers l’extérieur.

          Dans les déplacements, il faut toujours prêter attention au centre :

  • Le corps doit porter entièrement sur une jambe avant d’aller sur l’autre. Katate dori (saisie d’un poignet) kote gaeshi** (projection par retournement du poignet).
  • Le corps doit toujours être droit, alerte, sans être rigide. On peut chercher la verticalité en imaginant une ligne souple : talon, kua (ch) (pli inguinal), sinciput.
  • Le regard se maintient légèrement au-dessus de la ligne d’horizon.

 

« L’horizontalité c’est le champ du mental ratiocinant et de l’implication égotique dans
les situations ; temps, durée et espace (en regard de l’intemporalité et de la non
localisation évoquées par le concept de verticalité) et la verticalité, c’est le mental
pragmatique dans l’instant présent » Ramesh Balsekar
(6).

 

           « Verticalité » et « axe » sont deux notions différentes. La verticalité est cette ligne définie plus haut : talon, kua, sinciput. On peut l’expérimenter dans l’immobilité. Par contre l’axe ne s’expérimente que dans le mouvement. Il apparaît avec un déplacement triangulaire dans un corps vertical. Le yao est le sommet d’un tétraèdre ayant comme base le triangle formé par le déplacement des pieds**. L’axe est vivant.

          J’insiste sur le fait que les déplacements ne sont pas circulaires mais triangulaires. L’expression du mouvement global du corps est circulaire, et le centre se manifeste dans l’espace qu’il a créé.

  

« Vous devez savoir que votre centre se trouve au milieu de l’espace. Dessinez-vous, représen-
tez-
vous comme un cercle. Un cercle possède le pouvoir de donner naissance à toute chose, il tourne et tourne sans fin. Dans les arts martiaux, à un stade avancé, il nous est enseigné de ne jamais se focaliser sur l’adversaire ; Se focaliser sur l’adversaire implique la défaite immédiate. Formez toujours un cercle qui génère la vie » Morihei Ueshiba (2).

 

2. Importance des talons

  

« La respiration de l’homme accompli passe par les talons » Zhuangzi (Tchouang-Tseu).
  • Effectuer les pivots sur les talons (à l’exception de quelques mouvements qui ne s’y prêtent pas).
  • Ne pas croiser les pieds.
  • La pratique du boo-jutsu (technique du bâton) enseignée par Hikitsuchi est utile pour bien comprendre le placement et les déplacements en aïkido.