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METTRE LE YAO EN MOUVEMENT


 

 

 

     

          Pour mettre en mouvement le yao, il faut apprendre à dissocier le buste des hanches, du bassin, au niveau de la taille. On appelle aussi torsion cette opposition buste-hanches.
Nous allons aborder ce sujet à partir d’exercices d’origine chinoise dont certains sont issues de ma pratique de taiji quan, puis nous verrons comment on peut le mettre au service des entraînement d’aïkido.

Exercices pour apprendre à dissocier le haut et le bas du corps

         Les exercices qui vont suivre sont faits pour solliciter le yao, le mettre en mouvement. Ils consistent à créer une « torsion » au niveau de la taille par le mouvement du buste par rapport aux hanches. On l’appelle aussi « dissociation« . Le yao se situe sur le point ming-men, entre la 2ème et la 3ème lombaire. Les acupuncteurs connaissent bien ce point, il signifie « porte de la vie ». Le travail du yao stimule ce point.

          Le point commun à tous les exercices qui vont suivre, c’est la position de départ dite « position naturelle » :

  • Pieds parallèles, largeur des épaules ou légèrement supérieur.
  • Les genoux légèrement fléchis, sans force ni tension, les kua (ch) (pli inguinal) « dans les talons, en relation avec les talons.
  • Coccyx perpendiculaire au sol.
  • Poids du corps au peu plus sur les talons, 50/50 sur chaque jambe.
  • Les bras le long du corps.
  • La tête comme suspendue, tenu par un « fil de soie ».


EXERCICES de BASE DU TAIJI QUAN

          Dans notre pratique du taiji quan, il y a plusieurs exercices de base. J’avais demandé à Gu Meisheng quels exercices il conseillait de faire en début de séance d’aïkido afin de sensibiliser les pratiquants au yao. Les voici :

  • Protégé les reins
  • Le caractère « Un »
  • Élever et baisser
  • Le treuil à droite et à gauche
  • Ramer

PREMIER SOWAI SHOU

DEUXIEME SOWAI SHOU

CARESSER les NUAGES

 

SOLLICITER LE YAO DANS LES TECHNIQUES D’AÏKIDO

 

Avant de développer le sujet, quelques remarques :

  • Sur l’attitude de uke (celui qui attaque) et de tori (celui qui fait la technique) dans la pratique de l’aïkido.
  • Sur l’implication du yao.


ATTITUDE de UKE et de TORI

UKE

  • La saisie se fait dans la détente, claire, « comme un bébé saisit le doigt de la maman », avec beaucoup d’énergie dans la main et un corps totalement détendu.
  • L’uke reste bien ancré et il ne suit pas le mouvement de tori. Il doit « attaquer » en étant bien centré.
  • L’intention de uke est claire, elle enveloppe tori.
  • Uke est placé de telle façon que tori ne puisse pas le toucher.

TORI

  • Ce qui a été dit concernant la saisie et l’intention de uke s’adresse aussi à tori. Nous allons le voir par la suite.
  • Il est placé dans son centre. C’est là que réside la difficulté puisque c’est ce centre que nous cherchons à découvrir.
  • Le tori doit être placé de telle façon qu’uke ne puisse pas le toucher. Il s’agit là d’une des trois règles données par Hikitsuchi Michio : « Ne pas être ouvert ».

 

          « Contrôler votre adversaire en vous maintenant en permanence hors de sa portée, à une distance qui assure votre sécurité. Développer cette perspicacité est la véritable finalité de la pratique » Morihei Ueshiba (2).

 

IMPLICATIONS du YAO

          Nous avons vu dans le chapitre 1 que le yao est le centre de commandement, le gouverneur qui distribue l’énergie. C’est autour du yao que le corps devient « entier » ou « intégré » ou « global ». Pour en arriver là, il faudra tenir compte de plusieurs points :

  • L’importance des talons et du placement des pieds. C’est ce que  j’appellerai par la suit « alignement des pieds« .
  • L’importance des mains, tegatana de Morihei Ueshiba.
  • La « verticale ou verticalité », il s’agit d’une ligne « sinciput, kua (ch) (pli inguinal), talon ». Les pivots, les déplacements doivent se faire avec cette verticale. La torsion se fera aussi sur cette verticale.
  • La « dissociation« , il s’agit de l’opposition du buste par rapport aux hanches. On parle aussi de « torsion » parce que, lorsque le buste est en fin de mouvement, le yao exprime un mouvement contraire pour inciter le corps à revenir dans l’autre sens (le tambourin à boue). Les termes « dissociation et torsion » seront utilisés pour parlerr d’une même action.
  • Le « corps global » ou « globalité« .
  • Le yi.

           Au début généralement, le yao est physique et avec l’entraînement, progressivement, il devient plus subtil :
           « Au premier stade de l’entraînement, on apprend à séparer le yao physique du bassin et des hanches afin qu’il puisse bouger de façon indépendante. Une grande partie de l’efficacité martiale du taiji quan réside dans la liberté et l’agilité du yao ; certaines écoles de taiji quan arrivent à une efficacité martiale redoutable rien qu’en se servant du yao physique. Dans notre école, on développe un yao plus subtil sous forme d’un point ou d’un axe aux dimensions variées » (3).

 

ENSEIGNEMENTS d’HIKITSUCHI MICHIO (4)

           HIKITSUCHI Sensei nous a donné trois règles pour pratiquer l’aïkido :

  1. Ne pas être « ouvert » pendant l’exécution d’une technique. Ce qui veut dire qu’à aucnu moment le tori ne doit se situer dans une position.
  2. Ne pas regarder le partenaire. 
  3. Ne pas attendre.
    Nous allons retrouver ces trois points au cours de ce chapitre.   

 

IMPORTANCE des TALONS  –  ALIGNEMENTS des PIEDS

 

       « La respiration de l’homme accompli passe par les talons » Tchouang-Tseu.

 

 

          L’enseignement du boo-jutsu  (techniques du bâton) de O Sensei transmis par Hikitsuchi Sensei est d’une importance capitale pour la position et le déplacements des pieds.

– Effectuer les pivots sur les talons (à l’exception de quelques mouvements qui ne s’y prêtent pas).
– Ne pas croiser les pieds.
– Pratiquer le boo-jutsu est très important pour bien comprendre le placements et les déplacements en aïkido.

 

IMPORTANCE des MAINS – TEGATANA 


TEGATANA

Il y a tegatana si les mains sont reliée au yao.
          Quand le yao est en mouvment la main tourne autour de l’axe de l’avant bras, au centre du poignet.
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La VERTICALE –  La VERTICALITÉ        

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 « Pour ne pas couper la communication entre le Ciel et la Terre, Dieu a créé l’homme. La part intérieure de l’homme, c’est l’esprit (tama). C’est-à-dire l’organe de communication avec le ciel, la part extérieure de l’homme (le corps) est l’organe de communication avec ce monde-ci. Cependant, l’extérieur doit être réalisé par la part intérieure, et il doit manifester le Takaamahara (ordonnance de l’univers) de la part intérieure. Les hommes ont oublié la communication avec la part intérieure. Ils ont uniquement renforcé la communication avec le monde de la nature horizontale et extérieure » Morihei Ueshiba (5).

 

 

 

Le Yao bouge sur un plan horizontal et vertical. Plus exactement son mouvement se déploie en spirale. Le pratiquant l’appréhende de l’intérieur, dans la conscience de la « part intérieure » qui se déploie vers l’extérieur.

          Dans les déplacements, il faut toujours prêter attention au centre :

  • Le corps doit porter entièrement sur une jambe avant d’aller sur l’autre.
  • Le corps doit toujours être droit, alerte, sans être rigide. On peut chercher la verticalité en imaginant une ligne souple : talon, kua (ch) (pli inguinal), sinciput.
  • Le regard se maintient légèrement au-dessus de la ligne d’horizon.

 

 

« L’horizontalité c’est le champ du mental ratiocinant et de l’implication égotique dans les situations ; temps, durée et espace (en regard de l’intemporalité et de la non localisation évoquées par le concept de verticalité) et la verticalité, c’est le mental pragmatique dans l’instant présent » Ramesh Balsekar (6).

           « Verticalité » et « axe » sont deux notions différentes.
– La verticalité est cette ligne définie plus haut : talon, kua, sinciput. On peut l’expérimenter dans l’immobilité.
– Par contre l’axe ou ligne centrale ne s’expérimente que dans le mouvement. Il apparaît dans un déplacement triangulaire.  L’axe est vivant.
           J’insiste sur le fait que les déplacements ne sont pas circulaires mais triangulaires. L’expression du mouvement global du corps est circulaire, et le centre se manifeste dans l’espace créé.

 

La DISSOCIATION, la TORSION

          Cette dissociation est facile à trouver, à expérimenter si l’attaque de uke est correctement faite et s’il n’y a pas d’ouverture dans les placements et les déplacements de tori.
          Parce que nous n’avons pas à nous occuper de nos pieds et de nos jambes, les entraînement en suwari wasa ou en hanmihan dachi wasa aident le tori à saisir la dissociation, à comprendre ce qu’est la mobilisation de la taille, donc du yao.

 

Un CORPS GLOBAL, la GLOBALITE

 

« Rester toujours au centre. En perdant le centre vous perdez le contrôle » Morihei Ueshiba (2).      

          Un corps global est un corps centré. Sans centre, il n’y a pas de globalité. Cela signifie que les mains ne bougent que si elles sont reliées au yao, si elles sont commandées par le yao. La pratique nous permet de comprendre le lien entre le yao et la paume des mains.
Nous l’avons déjà abordé précédemment (voir tegatana). cette situation est plus évidente dans les kihon katame wasa (les techniques d’immobilisations) : nous tenons devons tenir notre partenaire du début  jusqu’à la fin du mouvement. La technique est juste si elle est exécutée sans ouverture et sans l’usage de la force.
          Il est à noter que l’uke en retire une grande détente.

         

          « Vous devez savoir que votre centre se trouve au milieu de l’espace. Dessinez-vous, représentez-vous comme un cercle. Un cercle possède le pouvoir de donner naissance à toute chose, il tourne et tourne sans fin. Dans les arts martiaux, à un stade avancé, il nous est enseigné de ne jamais se focaliser sur l’adversaire ; Se focaliser sur l’adversaire implique la défaite immédiate. Formez toujours un cercle qui génère la vie » Morihei Ueshiba (2).

 

Le YI

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